Rechercher

Pandémie, guerre et méditation

Dernière mise à jour : 5 mars

Au début de la pandémie, je regardais les nouvelles à ce sujet assez régulièrement. À ce moment, nous étions en état d’alerte et il était question de réussir à mettre en place les mesures sanitaires en guise de prévention à la propagation du virus. À un niveau relativement grossier d’intervention, le port du masque, la distanciation et le vaccin, peuvent être qualifiés de ‘mesures préventives’. Je ne veux pas diminuer l’importance de la place que devaient occuper ces mesures d’urgence pour arriver à nous sortir la tête de l’eau. Toutefois, je n’ai pas entendu parler du niveau de prévention que je considère le plus important.


Ce n’est pas une surprise de ne pas avoir entendu parler du niveau de prévention que je souhaite aborder puisqu’il ne constitue encore qu’une partie négligeable du système de santé, bien qu’il ne doive pas du tout être négligé. Il concerne ce qui est communément appelé ‘gestion du stress’. Le mot stress est utilisé à plusieurs sauces, mais on y réfère souvent en tant que phénomène indésirable lorsqu'il est une réaction à une contrainte qui entraîne une déstabilisation de l'état (ex. physique, psychologique) qui était préalablement identifié comme désirable.


Aujourd’hui, la recherche médicale a amplement démontré que la diminution de symptômes associés à diverses maladies peut être corrélée à une diminution du stress chez les personnes malades.

Une pratique pour y arriver est la méditation et à ma connaissance, c’est la pratique de prévention la plus importante à mettre en place dans une perspective de santé globale à long terme. Bien que la méditation soit marginalement reconnue dans le monde de la santé, au cours des dernières années, quelques-uns de mes clients m’ont rapporté que c’est leur professionnel de la santé qui les avait encouragés vers cette pratique. La méditation dite de ‘pleine conscience’ consiste initialement à un entraînement à la concentration qui induit une détente et une clarté cognitive permettant de prendre conscience de ce qui resterait autrement inconscient. C’est exactement ce qui permet de ‘faire le ménage’ pour se départir d’émotions négatives et de croyances erronées. Les deux sont contre-productives et sont les causes principales des déséquilibres émotifs subtils qui nous affligent et qui peuvent éventuellement engendrer des déséquilibres plus grossiers qu’on appelle les maladies.


La méditation est, selon moi, l’outil qui peut permettre de mitiger au niveau le plus subtil le développement de certaines maladies. Je ne suis pas en train d’affirmer que méditer va vous guérir d’une maladie. Il existe des cas où des méditants ont réussi à guérir de maladies graves sans l'intervention médicale qu'on considère habituellement essentielle à la guérison, mais cela est exceptionnel. Au point où les symptômes sont manifestes, la méditation contribuera à la diminution des émotions négatives qui rendent l’expérience plus difficile et qui sont aussi susceptibles de contribuer à l’aggravation des symptômes. Il est donc essentiel de l'inclure dans le plan de traitement, en plus d'une alimentation saine.


La méditation concerne la réduction du stress à des niveaux qui peuvent être relativement profonds et ainsi contribuer à limiter l’inflammation des tissus du corps humains. Peut-être avez-vous déjà lu ou entendu l’affirmation que le problème n’est pas tant le stresseur que la réactivité au stress. La réactivité au stress qui s’opère dans la conscience d’un individu se manifeste mentalement et potentiellement aussi à un niveau physique plus grossier. Cette réactivité n’est pas déterminée à l’avance et irrémédiable. Bien sûr, elle est fortement conditionnée, mais elle peut changer. Si nous n’avions pas le pouvoir de comprendre nos conditionnements et d’influencer nos réactions, personne n'essaierait de changer quoique ce soit à son existence. Le fait de prendre conscience, par exemple, d’un certain pattern de pensée contre-productif représente un pouvoir immense, beaucoup plus important que le contrôle temporaire sur des circonstances de la vie quotidienne.


Un des meilleurs exemples est celui de méditants qui arrivent à faire diminuer considérablement la force de la colère. Ils n’y arrivent pas en la refoulant encore plus qu’elle l’a déjà été ou en réussissant à se soustraire à tous les événements susceptibles de les déranger. Ils développent une compréhension de plus en plus approfondie que non seulement la colère est uniquement un obstacle à leur bonheur et leur santé, mais que cette émotion perturbatrice prend sa source dans leur propre ‘fabrications mentales’ ou ‘schémas mentaux erronés’. Ils doivent donc s'attarder à la prolifération de la colère dans leur propre esprit. Je prend l’exemple de la colère parce que c’est l’émotion la plus dévastatrice et ses conséquences sur la santé sont certainement beaucoup plus importantes que ce qu’on réussit à en comprendre.


Beaucoup de gens comprennent que la colère a des effets négatifs sur la santé des relations interpersonnelles. Dans ce contexte, prenons l’exemple de la guerre qui, conventionnellement, débute quand une personne ou un groupe perçu comme un ennemi potentiel dépasse les limites d’une convention qui permettait de déterminer un statut de bonne entente ou au moins de non-agression. Au-delà des conventions, la guerre est déjà en cours au sein d’une conscience où la colère n’est pas éradiquée. Puisque la colère ou son pouvoir latent sont des problèmes qui concernent individuellement presque tous les humains, le problème ne doit pas être sous-estimé même quand tout va relativement bien. Heureusement, nous avons une assez bonne reconnaissance de l’importance du respect mutuel et sur cette base, nous avons mis en place des outils pour assurer ce respect dans les communautés, locales ou internationales. Néanmoins, tant que la colère n’est pas éradiquée de la conscience, il est impossible d’assurer que les conflits, petits ou grands, n’apparaîtront pas.


Cela dit, il n’a jamais été mentionné que le chemin vers la santé individuelle ou collective était facile à parcourir. Si c’était facile, ce serait déjà réglé. Selon moi, il n’en est pas moins très important de faire un premier pas en avant à un moment où il est possible de le faire.


Apprendre à méditer et cultiver cette pratique est le geste supportant la paix et la santé le plus important que l’on puisse poser. Et il n'y a jamais eu de meilleur moment pour pratiquer que celui où on s'y applique. Le temps n'attend pas, alors prenons le temps!


130 vues